TECHNIQUES DE LYSE ADIPOCYTAIRE À VISÉE ESTHÉTIQUE

TECHNIQUES DE LYSE ADIPOCYTAIRE À VISÉE ESTHÉTIQUE


Équipe

Ce document d’évaluation a été réalisé par Mme le Dr Françoise SAINT-PIERRE, chef de projet au Service évaluation des actes professionnels, sous la responsabilité de Mme le Dr Michèle MORIN-SURROCA, adjoint au chef de service et de Mme le or Sun Hae LEE ROBIN. chef de service.

Mme le Dr Françoise ROUDOT-THORAVAL et M. le Dr Bernard GUILLOT, membres de la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé, ont été les membres référents de cette évaluation.

La recherche documentaire a été effectuée par Mme Marie GEORGET, documentaliste, avec l’aide de Mme Maud LEFEVRE sous la responsabilité de Mme Christine DEVAUD, adjoint au chef de service et de 􀂇e le D’ Frédérique PAGES, docteur ès sciences, chef de service.

L’organisation logistique et le travail de secrétariat ont été réalisés par Mme Louise Antoinette TUIL.

Introduction

La HAS a été sollicitée dans le cadre de l’article 1151-3 du Code de la santé publique qui stipule
“Les actes à visée esthétique dont la mise en œuvre présente un danger grave ou une suspicion de danger grave pour la santé humaine peuvent être interdits par décret après avis de la Haute Autorité de Santé. Toute décision de levée de l’interdiction est prise en la même forme.”

La Direction générale de la santé a été informée de la survenue de complications liées à la réalisation d’actes de lyse adipocytaire à visée amincissante, proposées en alternative aux méthodes chirurgicales. Ces complications ont entraîné des séquelles graves pour les usagers et des coûts pour l’assurance maladie.

Ces techniques de lyse adipocytaire bénéficient de l’engouement pour les actes à visée esthétique qui sont présentés au grand public comme des traitements moins invasifs et moins onéreux que la chirurgie esthétique.

Les mécanismes d’action, l’efficacité et les effets de ces techniques en termes de tolérance et de risque sont méconnus.
La présente évaluation a pour objectif de rendre un avis sur la dangerosité ou suspicion de dangerosité des techniques de lyse adipocytaire conformément à la demande de la Direction générale de la santé.

Avis de la HAS

Le titre V, partie I du CSP visait, dans son champ d’application initial, la prévention des risques liés à certaines activités diagnostiques et thérapeutiques : la loi HPST y a ajouté l’activité d’esthétique.

Il est prévu à l’article L.1151-3 CSP que les actes à visée esthétiques, dont la mise en œuvre présente un danger grave ou une suspicion de danger grave pour la santé humaine, peuvent être interdits par décret après avis de la Haute Autorité de Santé.

Compte tenu :

  • des données issues de la littérature scientifique, des données transmises par la DGS et des données issues de rapports de sinistralité d’assurances (Sou médical);
  • des positions d’agences sanitaires nationales et internationales
  • des positions d’organisations professionnelles en France et à l’étranger
  • des informations et des réponses apportées au cours d’une audition par les représentants des :
    • Société française de dermatologie,
    • Société française de chirurgie plastique et esthétique,
    • Association de patients Le Lien,
    • Société de médecine morphologique et anti-âge,
    • Société française de médecine esthétique.

La HAS a conclu :

  • La mise en œuvre des techniques à visée lipolytique non invasives, utilisant des agents physiques externes, sans effraction cutanée (ultrasons focalisés, radiofréquence, laser, etc.) présente une suspicion de danger grave pour la santé humaine.
  • La mise en œuvre des techniques de lyse adipocytaire utilisant des injections de solutions hypo-osmolaires présente un danger grave pour la santé humaine.
  • La mise en œuvre des techniques de lyse adipocytaire utilisant des injections de produits lipolytiques (phosphatidylcholine et/ou déoxycholate de sodium) présente un danger grave pour la santé humaine.
  • La mise en œuvre des techniques de lyse adipocytaire utilisant des injections de mélanges mésothérapeutiques présente un danger grave pour la santé humaine.
  • La mise en œuvre des techniques de lyse adipocytaire utilisant la carboxythérapie présente un danger grave pour la santé humaine.
  • La mise en œuvre des techniques de lyse adipocytaire utilisant du laser transcutané, sans aspiration, présente un danger grave pour la santé humaine.